En 1937 un bateau espagnol était canonné au large du Grau du Roi

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L’Andutz Mendi après l’attaque du sous-marin franquiste au large du Grau du Roi

En pleine guerre d’Espagne, le 29 juillet 1937, au large du Grau du Roi, dans les eaux territoriales françaises, trois navires de commerce battant pavillon de la République espagnole sont attaqués par un ou deux sous-marins « inconnus » expression officielle pour ne pas désigner l’agresseur.  Bilan 22 morts et disparus malgré l’intervention rapide des pêcheurs de ce petit port de Méditerranée qui se portèrent au secours des marins espagnols. La solidarité des gens de mer avait fonctionné, quelques marins avaient pu être sauvés dont le capitaine de l’Andutz Mendi bateau le plus gravement touché.

Ces trois bateaux se trouvaient non loin de l’Espiguette près du Grau du Roi. La presse française majoritairement s’empressait d’écrire aussitôt que ce canonnage se situait hors des eaux territoriales françaises. Le gouvernement avait déjà donné les consignes. Il n’était pas question de se confronter à ce moment-là à un problème dans les eaux territoriales françaises alors que la France aux côtés de l’Angleterre refusait le soutien à la République espagnole sous prétexte de non-intervention. Le ton était donné, l’attaque de ces bateaux avait eu lieu hors des eaux territoriales, aucune enquête ne serait donc diligentée. Le capitaine de l’Andutz Mendi constatait quelques jours plus tard, après son hospitalisation, qu’une page de son carnet de bord avait été déchirée, celle où il avait noté la position de son navire dans les eaux territoriales françaises lors de l’attaque du ou des sous-marins.

Quel est le contexte fin juillet 1937 ? La guerre d’Espagne a éclaté un an plus tôt le 18 juillet 1936. Un soulèvement de généraux soutenus par le fascisme international. Hitler apportera l’essentiel de l’armement au général Franco qui dirige la rébellion contre le gouvernement légal de la République, dont la si funestement connue Légion Condor qui dévasta notamment Guernica et le Pays basque fin avril 1937 et début mai. Mussolini fournira pour sa part les hommes mais aussi l’aviation, les Savoïa qui bombarderont les civils début février 1939 sur les chemins de l’exil entre Barcelone et la frontière française et des forces navales tels des sous-marins qui procéderont à plusieurs actes de guerre et de piraterie contre des navires de commerce de la République espagnole en Méditerranée.

Un an après le déclenchement de cette guerre, l’Espagne républicaine, à qui on ne donnait que quelques jours, résiste et combat aidée par les volontaires internationaux venus de 53 pays, les brigades internationales. Ces volontaires avaient compris que ce qui se jouait en Espagne était la paix mondiale. L’Histoire leur donnera raison. Des milliers d’entre eux sont morts pour les défendre alors que des pays tels la France et l’Angleterre prônaient la non-intervention une sorte de non-assistance à République en danger.

Chaque année depuis 2011 une cérémonie se déroule au cimetière du Boucanet au Grau du Roi pour rendre hommage aux marins de la République espagnolemorts et disparus lors d’une attaque de leur bateau au large de l’Espiguette.

Participent à cette cérémonie; le Maire du Grau du Roi, le Consul général d’Espagne à Montpellier, le Président de l’association des marins et marins anciens combattants (AMMAC), le Président (en ma personne) de l’association pour le souvenir de l’exil républicain espagnol en France (ASEREF).

Dans le prochain magazine, le numéro 2 de « La Saladelle Libre » à paraître mi septembre cette histoire sera plus largement développée.

L’ancien journaliste de France 3 Languedoc-Roussillon Bernard Lagarrigue, qui a longtemps présenté le journal télévisé, s’est inspiré de ces événements historiques pour son roman « Un été 37 »

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« UN ÉTÉ 37 »
Bernard LAGARRIGUE

Été 37. En Espagne la guerre fait rage depuis l’agression franquiste soutenue par Hitler et Mussolini contre la République. En juillet 1937, un cargo républicain est attaqué au large de la Camargue par un sous marin franquiste, plusieurs marins sont tués, l’un d’eux ne sera jamais identifié…
Des années plus tard, dans le cimetière d’un village de pêcheurs, une femme observe discrètement une cérémonie à la mémoire de ces marins républicains tués dans cette attaque puis elle dépose au pied d’une stèle un bouquet de fleurs. Rouges, jaunes, mauves, les couleurs de la République…

Diplômé de l’école de journalisme de Strasbourg c’est à Carcassonne, à Midi Libre, que cet audois né à Rodez a écrit ses premiers « papiers » avant d’émigrer vers les Alpes. Journaliste indépendant pendant plusieurs années, il rejoint France 3 Alpes en 1982, puis France 3 Languedoc-Roussillon en 1990. Jusqu’à son départ il y présentera le journal télévisé et animera une émission politique hebdomadaire. Bernard Lagarrigue a publié Jean Huillet, la voix du peuple vigneron, (Domens, 2010).

 

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